Alexander Bublik n'est pas un joueur comme les autres. Le Kazakh de vingt-sept ans pratique un tennis que les puristes adorent détester et que le public dévore. Amortis soyeux en plein échange, services cuillère à des moments improbables, montées au filet sur deuxième balle : Bublik transforme chaque match en spectacle. Et cette semaine, il revient à Kitzbühel pour défendre le titre qu'il a conquis l'an dernier.
Le parcours du natif de Gatchina, près de Saint-Pétersbourg, ne suit aucune trajectoire classique. Formé en Russie, il a choisi de représenter le Kazakhstan en 2016 à dix-neuf ans, un choix qui lui a ouvert des portes sportives et une liberté que le système russe ne lui offrait pas. Depuis, il a construit une carrière en dents de scie, capable du meilleur comme du plus frustrant, parfois au sein du même match.
La saison 2026 raconte une version plus mature de Bublik. Installé au onzième rang mondial, son meilleur classement en carrière, le Kazakh a trouvé un équilibre entre ses élans créatifs et la discipline nécessaire pour gagner régulièrement. Trois titres ATP en carrière, des quarts de finale en Grand Chelem, et surtout une régularité nouvelle : vingt-huit victoires pour quatorze défaites cette saison, avec un pourcentage de victoires en constante progression depuis 2023.
Sur la terre battue de Kitzbühel, Bublik a trouvé un terrain d'expression idéal. La surface lente amplifie ses variations de rythme et rend ses amortis encore plus redoutables. En finale l'an dernier, il avait neutralisé Arthur Cazaux 6-4, 6-3 en une heure et quinze minutes, dictant le jeu avec une précision chirurgicale. Le public autrichien, conquis par son style flamboyant, lui avait réservé une ovation debout.
Cette semaine, la concurrence sera sérieuse. Valentin Vacherot, deuxième tête de série et solide sur ocre, Arthur Rinderknech, puissant et dangereux en intérieur comme en extérieur, et Tomas Martin Etcheverry, spécialiste argentin de la terre battue, chercheront tous à lui barrer la route.
Mais Bublik a un avantage que les statistiques ne mesurent pas : l'imprévisibilité. Face à un joueur qu'on ne peut pas lire, la préparation tactique perd une partie de sa valeur. À Kitzbühel, le showman est chez lui.

