Il y a encore deux semaines, personne n'aurait imaginé la présence de Matteo Arnaldi en demi-finale de Roland-Garros. L'Italien de 24 ans, sans tête de série, a traversé le tableau comme une ombre avant de s'imposer dans la lumière. Ce vendredi, il entre sur le Philippe-Chatrier pour affronter son compatriote Flavio Cobolli avec la certitude tranquille de ceux qui n'ont plus rien à perdre.
Le parcours d'Arnaldi à Paris raconte une histoire de constance et de courage. Cinq victoires consécutives, 269 coups gagnants, 44 aces et un taux de conversion sur balles de break de 38% dessinent le portrait d'un joueur agressif et déterminé. Son coup droit, arme principale de son arsenal, a fait des dégâts tout au long de la quinzaine.
La route vers les demi-finales a pris un tournant inattendu en quarts de finale. Face à Matteo Berrettini, son compatriote et ami, Arnaldi a vu son adversaire abandonner sur blessure. Un moment douloureux pour les deux hommes, Berrettini fondant en larmes sur le court. « C'était terrible de le voir comme ça », avait confié Arnaldi, partagé entre la joie de la qualification et la tristesse pour son partenaire de Coupe Davis.
Originaire de Sanremo, Arnaldi a grandi dans l'ombre des grands noms du tennis italien. Ni la puissance de Jannik Sinner, ni le charisme de Berrettini, ni la régularité de Musetti. Son jeu repose sur une intelligence tactique qui ne fait pas les gros titres mais accumule les victoires. À Roland-Garros, cette discrétion est devenue sa force.
Face à Cobolli, dixième mondial et tête de série numéro 10, Arnaldi part outsider. Les chiffres penchent en faveur de son rival : 76% de points gagnés derrière sa première balle contre 71% pour Arnaldi, et surtout un taux de conversion sur balles de break de 47% contre 38%. Mais sur terre battue, dans un Grand Chelem, les statistiques ne racontent jamais toute l'histoire.
Ce duel 100% italien est une première dans l'ère Open en demi-finale d'un Grand Chelem sur terre battue. Quel que soit le vainqueur, l'Italie aura un représentant en finale dimanche. Pour Arnaldi, le survivant discret de cette quinzaine, c'est déjà une victoire.

