Il a grandi à un kilomètre du All England Club. Il est entré dans le tableau avec une wild card et un classement de 114e mondial. Il en ressort demi-finaliste de Wimbledon, nouveau numéro un britannique et futur 36e mondial. Arthur Fery a vécu la quinzaine la plus folle du tennis britannique depuis Andy Murray.
À vingt-trois ans, le Franco-Britannique né à Londres a écrit un scénario que personne n'avait imaginé. Double All-American à Stanford, passé par le circuit universitaire américain avant de se lancer sur le circuit professionnel, Fery représente un profil atypique dans le tennis moderne. Sa formation académique, loin des académies de Floride ou de Barcelone, en fait un outsider au parcours singulier.
Son quart de finale restera comme le temps fort du tournoi. Face à Flavio Cobolli, finaliste du dernier Roland-Garros et tête de série numéro neuf, Fery a livré un récital en trois sets : 6-4, 7-6(4), 6-0. Le troisième set infligé à l'Italien, un 6-0 devant la reine Camilla dans la loge royale, a provoqué une ovation debout du Centre Court. À cet instant, tout Wimbledon croyait au conte de fées.
Seulement le quatrième wildcard à atteindre les demi-finales d'un Grand Chelem dans l'ère Open, Fery a rejoint un club très exclusif. Sa trajectoire rappelle celle de Goran Ivanisevic en 2001, dernier invité à avoir soulevé le trophée londonien. La comparaison s'arrête en demi-finale, où , tête de série numéro deux, s'est montré trop solide : 7-6(0), 6-2, 6-4.
Le tie-break du premier set a illustré le fossé entre le rêve et la réalité du très haut niveau. Zverev l'a remporté 7-0, sept points consécutifs sans la moindre réplique. L'Allemand a frappé 44 coups gagnants contre 16 pour le Britannique, remportant 107 points contre 70 en deux heures quatorze. Fery a tout de même sauvé trois balles de break dans le troisième set sous les encouragements du public, refusant de baisser les bras jusqu'au bout.
"Cela prendra du temps à digérer", a reconnu Fery après la rencontre. "Mais depuis mon retour de blessure l'an dernier, j'ai joué un tennis de très haut niveau. Je pense l'avoir montré ici." Zverev lui-même a salué la performance de son adversaire : "C'est un joueur incroyable, il joue un tennis de très haute qualité."
Au-delà du résultat, Fery quitte Wimbledon avec un nouveau statut. Numéro un britannique devant Cameron Norrie, 36e mondial, et surtout une certitude : ce garçon du quartier a sa place parmi les meilleurs. Son service puissant et son jeu de fond de court solide lui promettent de belles années sur l'herbe londonienne. Le conte de fées ne fait que commencer.


