Il y a un an, Arthur Fils atteignait les quarts de finale à Barcelone avant de s'incliner. Cette semaine, le Français de 21 ans est allé un cran plus loin. Finaliste de l'Open Banc Sabadell, il défie dimanche Andrey Rublev pour le trophée, dans ce qui constitue le sommet de sa jeune carrière sur terre battue.
Le parcours est d'autant plus remarquable qu'il intervient après une traversée du désert. Huit mois loin du circuit pour une blessure qui aurait pu casser la dynamique de n'importe quel joueur de 20 ans. Fils est revenu en février avec une faim visible. Finale à Doha, quart de finale à Indian Wells, demi-finale à Miami : treize victoires accumulées avant même de poser le pied sur l'ocre européenne.
Barcelone a confirmé que cette version de Fils est la plus aboutie à ce jour. Premier tour, il sauve deux balles de match contre Terence Atmane, rappelant que la résilience fait partie de son arsenal. Ensuite, les victoires s'enchaînent avec plus de fluidité : Brandon Nakashima cède, puis Lorenzo Musetti, deuxième tête de série, est écarté 6-3, 6-4 dans un quart de finale maîtrisé de bout en bout.
En demi-finale, face au jeune Espagnol Rafael Jodar, la partition a été plus complexe. Mené un set à zéro, Fils a trouvé les ressources pour inverser la tendance et s'imposer 3-6, 6-3, 6-2. Ce genre de renversement en dit long sur la maturité mentale acquise ces derniers mois.
Le Français, 30e mondial et ancien numéro 14, n'a remporté que deux titres sur terre battue dans sa carrière. Face à Rublev, le défi est de taille. Le Russe possède l'expérience des grandes finales et un palmarès nettement plus fourni sur la surface. Mais Fils possède quelque chose que les statistiques ne mesurent pas toujours : cette capacité à progresser d'un match à l'autre au sein d'un même tournoi, comme si chaque victoire alimentait la suivante.
À 21 ans, avec Madrid et Roland-Garros encore devant lui, la saison sur terre de Fils ne fait que commencer. Le titre à Barcelone serait une déclaration d'intention majeure.

