Il y a deux semaines, Maja Chwalinska n'était qu'un nom parmi d'autres dans le tableau des qualifications de Roland-Garros. Classée 114e mondiale, la Polonaise de 23 ans n'avait jamais dépassé le troisième tour d'un Grand Chelem. Personne ne l'attendait en finale.
Pourtant, match après match, Chwalinska a imposé un style de jeu déroutant qui a fait craquer ses adversaires. Des coups liftés atypiques, des amorties audacieuses, des variations de rythme constantes : son tennis ne ressemble à aucun autre sur le circuit. C'est justement cette originalité qui a semé le doute chez des joueuses mieux classées, habituées à des schémas plus conventionnels.
En demi-finale, face à Diana Shnaider, Chwalinska a signé sa performance la plus aboutie du tournoi. Victorieuse 7-6(4), 6-4, elle a montré des nerfs d'acier dans le jeu décisif du premier set avant de prendre le contrôle dans la seconde manche.
"Je ne sais pas ce qui se passe", avait-elle confié après cette victoire, un sourire incrédule sur le visage. La phrase résume parfaitement le sentiment général autour de son parcours.
La finale contre Mirra Andreeva a représenté un défi de trop. Face à la puissance et à la régularité de la Russe, le jeu créatif de Chwalinska n'a pas suffi. Mais la défaite n'enlève rien à l'exploit.
Le classement WTA parle de lui-même. De la 114e à la 21e place mondiale, soit un bond de 93 positions. Chwalinska aborde la saison sur gazon avec un statut radicalement différent. Les organisateurs de tournoi vont se bousculer pour lui offrir des invitations, et ses adversaires savent désormais qu'elle est capable de tout.
Le tennis polonais, déjà porté par Iga Swiatek, tient peut-être sa deuxième étoile.

