Il y a deux ans, Raphaël Collignon pointait au-delà de la 200e place mondiale. Dimanche dernier à Gstaad, le Belge de vingt-quatre ans soulevait son premier trophée ATP en dominant Stefanos Tsitsipas en finale. Entre ces deux moments, une trajectoire aussi improbable que son lieu de naissance.
Né à Rochester, dans le Minnesota, où son père travaillait dans le secteur médical, Collignon a grandi entre deux continents avant de poser ses valises à Liège. C'est en Belgique qu'il a forgé son jeu : un tennis puissant porté par un service redoutable (1,91 m à la toise) et un revers à deux mains capable de changer le cours d'un échange.
Le tournant de sa carrière porte un nom : Steve Darcis. L'ancien numéro 38 mondial, héros de la Coupe Davis belge, a pris en charge le coaching de Collignon et lui a transmis une qualité essentielle, la combativité. Cette philosophie s'est matérialisée de façon spectaculaire en demi-finale à Gstaad, où le Liégeois a sauvé une balle de match avant de renverser la situation.
Les signes avant-coureurs de cette éclosion étaient pourtant visibles. À l'US Open 2025, il avait créé la surprise en éliminant Casper Ruud, alors douzième mondial, au deuxième tour. Puis à Roland-Garros cette année, il a signé le plus grand scalp de sa carrière en sortant Ben Shelton, cinquième mondial, en deux sets secs. Deux victoires sur des joueurs du top 10 en Grand Chelem : le genre de résultats qui transforment un espoir en certitude.
Aujourd'hui trente-septième mondial, son meilleur classement en carrière, Collignon est le troisième Belge au classement ATP derrière David Goffin. Son profil technique, alliant puissance au service et polyvalence depuis le fond du court, lui ouvre des perspectives sur toutes les surfaces. La saison sur dur américain qui débute la semaine prochaine avec le DC Open de Washington constituera un nouveau test de sa progression.
À vingt-quatre ans, le Belge né dans le Minnesota a trouvé sa voie. Et si Gstaad n'est qu'un début, le circuit ATP ferait bien de retenir son nom.

