Il y a un an, Grigor Dimitrov quittait le Centre Court de Wimbledon sur une civière, le muscle pectoral déchiré, contraint d’abandonner face à Jannik Sinner alors qu’il menait deux sets à zéro. Ce jour-là, beaucoup avaient pensé que c’en était fini. Le Bulgare avait trente-quatre ans, une blessure grave et un classement qui dégringolait.
Douze mois plus tard, Dimitrov est de retour sur ce même Centre Court. Classé 146e mondial, entré dans le tableau grâce à un wild card, il vient de battre Matteo Berrettini 6-3, 6-4, 3-6, 5-7, 6-3 au terme de trois heures et trente-deux minutes. Un combat dont lui seul semble avoir le secret.
Le parcours de renaissance a commencé dans l’ombre. Éliminé en qualifications à Roland-Garros, forfait pour l’US Open 2025, Dimitrov a traversé la pire période de sa carrière. Pour la première fois depuis 2012, il est sorti du top 100 en avril 2026. « Tu as combattu quelque chose pendant si longtemps, et peut-être que tu combattais la mauvaise douleur », a-t-il confié après sa victoire contre Berrettini.
Pour se relancer, Dimitrov a fait un choix audacieux. Il a rappelé Jamie Delgado à ses côtés et recruté David Nalbandian, l’ancien rival argentin devenu entraîneur. Ce duo improbable a déconstruit les automatismes du Bulgare pour les reconstruire autour d’une philosophie simple : profiter du jeu. « Je retombe amoureux du processus », assure Dimitrov avec un sourire qui manquait depuis longtemps.
Sur le court, le résultat est visible. Le revers à une main, signature esthétique de Dimitrov, retrouve sa fluidité et sa profondeur. Le service, longtemps son point faible, gagne en régularité grâce au travail avec Nalbandian. Contre Berrettini, mené deux sets à un après avoir dominé les deux premières manches, il a trouvé les ressources pour s’imposer dans un cinquième set décisif.
À trente-cinq ans, Dimitrov n’a plus rien à prouver à personne, sauf peut-être à lui-même. « Quand tu as une raquette dans la main, tout est possible », lance-t-il. Son prochain adversaire en huitièmes sera , le wild card local qui a lui aussi survécu à un marathon en cinq sets.
Les deux rescapés se retrouveront sur le gazon londonien, unis par la même histoire : celle d’hommes qui refusent de baisser les bras.


