Arthur Fery a écrit l’une des pages les plus improbables de Wimbledon 2026. Le wild card britannique a renversé le champion d’Eastbourne Zizou Bergs 2-6, 7-5, 2-6, 7-6(3), 7-6(5) au terme de plus de quatre heures et demie d’un combat qui restera dans les mémoires.
Mené deux sets à un et 4-1 dans le quatrième set, Fery semblait condamné. Pire encore, trois saignements de nez successifs ont interrompu la rencontre à plusieurs reprises, provoquant des pauses médicales qui ont testé la patience de Bergs autant que la résistance de Fery. Le Belge s’est plaint auprès de l’arbitre de chaise, jugeant les interruptions trop fréquentes.
Mais Fery a transformé l’adversité en carburant. De retour sur le court à chaque fois, le nez tamponné, il a retrouvé sa précision au service et son agressivité en retour. Le quatrième set, accroché jusqu’au tie-break, a basculé grâce à un passing de revers croisé qui a électrisé le public du court. Dans le cinquième, Fery a sauvé deux balles de match avant de s’imposer dans un super tie-break à 10-5.
C’est la première victoire en cinq sets de la carrière du Britannique. À vingt-quatre ans, il devient le deuxième wild card britannique à atteindre les huitièmes de finale d’un Grand Chelem depuis Andrew Foster, ici même en 1993. Une statistique qui mesure l’ampleur de l’exploit.
La trajectoire de Fery est atypique. Né en France d’un père français et d’une mère britannique, il a grandi entre les deux pays avant de choisir de représenter la Grande-Bretagne. Formé dans l’ombre des projecteurs, loin des académies de renom, il a gravi les échelons du circuit Challenger avec une détermination silencieuse.
Son prochain adversaire en huitièmes de finale sera , un autre rescapé d’un marathon en cinq sets face à . La confrontation promet un nouveau combat d’endurance et de caractère sur le gazon londonien.


