Quand Barbora Krejčíková a soulevé le trophée à Athènes dimanche dernier, très peu de caméras l'attendaient. Pas de gros titres dans les médias mainstream, pas de notification en haut des fils d'actualité. Pourtant, cette victoire raconte une histoire que le tennis oublie trop vite : celle d'une championne qui refuse de disparaître.
Retour en arrière. Roland-Garros 2021 : Krejčíková, alors 33e mondiale, surprend le monde du tennis en remportant son premier titre majeur en simple et en double la même quinzaine. Le doublé, exploit réalisé pour la dernière fois par Mary Pierce en 2000, la propulse vers le sommet. En février 2022, elle atteint le deuxième rang mondial. La suite devait être une longue domination. Le corps en a décidé autrement.
Blessures à répétition, un coude récalcitrant, des mois entiers loin du circuit. Krejčíková glisse du top 10, du top 20, puis au-delà du 50e rang. Le scénario classique d'une joueuse qui a touché les étoiles trop brièvement. Mais en 2024, un sursaut : elle remporte Wimbledon, battant Jasmine Paolini en finale. La preuve que le talent restait intact sous les couches de frustration.
La saison 2026 confirme la tendance. À trente ans, Krejčíková accumule les résultats solides sur des surfaces variées. Son titre à Athènes la semaine dernière, obtenu sur terre battue, rappelle sa polyvalence. Cette semaine, elle est à Prague, deuxième tête de série du Livesport Prague Open, où elle a battu Linda Fruhvirtová 6-2, 6-4 au premier tour.
Ce qui frappe chez Krejčíková, c'est la lucidité de son jeu. Elle ne possède pas la puissance brute d'une Sabalenka ni la vitesse d'une Swiatek. Son arme, c'est l'intelligence tactique héritée de sa mentor Jana Novotná, disparue en 2017. Chaque point est construit, chaque angle calculé. Le slice de revers, presque anachronique dans le tennis féminin moderne, devient entre ses mains un outil de déstabilisation redoutable.
À Prague, devant son public, Krejčíková pourrait ajouter un nouveau chapitre à cette renaissance. Le tableau, dominé par les Tchèques (cinq têtes de série nationales en huitièmes), lui offre un cadre familier. Mais la concurrence vient aussi de l'intérieur : Bouzková, tenante du titre et première tête de série, rêve du même parcours. La semaine praguoise s'annonce comme une vitrine pour le tennis tchèque, et Krejčíková en est la figure emblématique.

