Il y a une semaine, Mirra Andreeva soulevait la Coupe Suzanne-Lenglen sur le court Philippe-Chatrier. À 19 ans, la Russe est devenue la plus jeune championne de Roland-Garros depuis Monica Seles en 1992, dominant Maja Chwalinska 6-3, 6-2 en finale. Un sacre qui a couronné une première moitié de saison exceptionnelle : 36 victoires pour 9 défaites, le meilleur bilan du circuit WTA.
Mais le tennis n'accorde pas de temps de pause. La saison sur gazon bat déjà son plein, et Andreeva doit maintenant prouver que son talent se traduit sur toutes les surfaces. Le défi est de taille : en carrière, la Russe n'a disputé que 17 matchs sur gazon, pour un bilan de 11 victoires et 6 défaites.
Ce ratio honorable masque une réalité plus nuancée. Andreeva n'a jamais dépassé les huitièmes de finale à Wimbledon, et son meilleur résultat sur gazon reste un quart de finale à Eastbourne en 2025. La surface exige un jeu de transition rapide, un service percutant et une volée sûre, autant de compartiments où la jeune Russe dispose d'une marge de progression.
Ce qui plaide en sa faveur, c'est justement la variété de son tennis. Andreeva ne se contente pas de frapper la balle fort : elle construit les points, alterne les rythmes, utilise l'amortie comme personne sur le circuit. Ces qualités, précieuses sur terre battue, peuvent aussi faire la différence sur gazon, où la capacité à surprendre l'adversaire est un atout majeur.
Son programme pour les prochaines semaines est calibré avec soin. Andreeva devrait participer au Bad Homburg Open (22-28 juin), tournoi de préparation à Wimbledon sur gazon allemand, avant de rejoindre Londres pour le troisième Grand Chelem de la saison. L'objectif est clair : capitaliser sur la confiance acquise à Paris sans brûler les étapes sur une surface encore peu familière.
À 19 ans, Andreeva a déjà atteint le sixième rang mondial. Sa trajectoire rappelle celles des plus grandes, de Seles à Sharapova en passant par Hingis. La saison sur gazon dira si la championne de Roland-Garros est prête à s'imposer sur toutes les surfaces, ou si l'herbe reste un territoire à conquérir.

