Gaël Monfils foule la terre battue de la Caja Mágica pour la quinzième et dernière fois. Le Français de 39 ans, qui a annoncé en octobre 2025 que la saison 2026 serait sa dernière sur le circuit, affronte ce jeudi Camilo Ugo Carabelli au premier tour du Mutua Madrid Open.
Depuis son annonce, chaque tournoi est devenu une fête d'adieu. Melbourne, Indian Wells, Monte-Carlo — partout, le public salue l'un des showmen les plus spectaculaires de l'histoire du tennis. Madrid ne fait pas exception. Quinze éditions, des dizaines de plongeons sur la terre ocre, des amortis venus d'ailleurs et des moments de pur génie athlétique : Monfils a laissé sa marque à chaque passage.
L'ancien sixième mondial, aujourd'hui aux alentours de la 40e place, ne court plus après les titres. Il court après les souvenirs. « Chaque match peut être le dernier dans un endroit que j'aime », avait-il confié après son dernier Open d'Australie. La Caja Mágica fait partie de ces lieux qui comptent. Treize titres ATP, un palmarès qui aurait pu être plus épais sans les blessures chroniques, mais une carrière que personne ne peut résumer en chiffres.
Face à Ugo Carabelli, 65e mondial argentin, le défi est réel. Monfils n'a plus la fraîcheur physique pour enchaîner les tournois au rythme d'autrefois. Mais sur un match, quand la Manolo Santana gronde et que l'adrénaline monte, le Parisien reste capable de renverser n'importe qui. Son service reste une arme redoutable, ses déplacements défient toujours la logique pour un joueur de sa taille.
Cette tournée d'adieu raconte aussi l'histoire d'une génération qui s'efface. Après Federer en 2022, Nadal en 2025, Monfils tire le rideau sur une époque où le spectacle comptait autant que le résultat. Jannik Sinner et les jeunes loups dominent le circuit, mais ils savent ce qu'ils doivent à ceux qui les ont fait rêver.
Madrid, jeudi soir, les projecteurs seront braqués sur un homme de 39 ans qui joue au tennis comme il a toujours vécu : avec panache.

