Les mots étaient crus, le regard éteint. Quelques minutes après sa défaite face à Diana Shnaider en quarts de finale de Roland-Garros (6-3, 5-7, 0-6), Aryna Sabalenka s'est présentée en conférence de presse avec une franchise désarmante : "Pas de pensées, pas d'émotions. Je veux juste arrêter le tennis là, maintenant."
Le scénario du match restera comme l'un des effondrements les plus spectaculaires de l'ère Open en Grand Chelem. La numéro un mondiale avait remporté le premier set 6-3 sans difficulté apparente, puis mené 5-3 dans le deuxième avec deux points pour conclure sur son service. À cet instant, Sabalenka semblait lancée vers sa 15e victoire consécutive en quarts de finale de Grand Chelem. Puis tout s'est écroulé.
Shnaider, 22 ans et qualifiée pour son premier quart en Majeur, a tenu son jeu de service à 4-5 avant de déclencher un ouragan de coups gagnants. La Biélorusse a perdu dix jeux consécutifs, dont un 6-0 au troisième set qui restera gravé dans les mémoires du Philippe-Chatrier. "Mentalement, je suis tombée dans un trou très sombre et très profond. Je n'ai pas pu en sortir", a reconnu Sabalenka.
L'ancienne championne de l'Open d'Australie n'a pas cherché d'excuses, même si elle a mentionné le vent perturbant sous le toit ouvert du central. "Je suis fatiguée de perdre des matchs de cette façon simplement parce que je me laisse emporter par mes émotions. Je dois m'asseoir et réfléchir sincèrement à ce qui se passe dans ma tête dans ces moments difficiles."
La question de la pause a été posée. "On verra dans quelques jours. J'espère retrouver le bon chemin mentalement." Puis, avec un soupçon d'humour noir : "Je vais probablement passer la journée de demain à casser des choses. Peut-être que ça aidera."
Pour , c'est un quart de finale de rêve qui débouche sur une demi-finale contre , qualifiée issue des qualifications. La jeune gauchère disputera son premier carré final en Grand Chelem, portée par l'un des retournements les plus fous de cette édition.


