Pendant que les projecteurs restaient braqués sur les simples, Katerina Siniakova et Taylor Townsend accomplissaient quelque chose de rare dans l''histoire du double féminin. Leur victoire en finale à Madrid leur offre un troisième titre consécutif en WTA 1000, une série que le circuit n''avait plus connue depuis des années.
Ce triplé n''est pas le fruit du hasard. Depuis le début de leur association, la Tchèque et l''Américaine ont trouvé un équilibre tactique redoutable. Siniakova apporte sa lecture du jeu au filet et son toucher chirurgical sur les volées. Townsend impose sa puissance physique et son jeu d''attaque depuis le fond du court. Le mélange, sur le papier improbable entre une joueuse de finesse et une frappeuse, fonctionne à merveille quelle que soit la surface.
Madrid parachève également le retour de Siniakova au sommet du classement mondial en double. La Tchèque de 30 ans récupère la première place WTA, un rang qu''elle connaît bien pour l''avoir occupé à plusieurs reprises au fil d''une carrière qui l''a établie comme l''une des meilleures spécialistes de la discipline.
L''ampleur de cette domination interroge sur l''état du double féminin dans son ensemble. Quand une paire écrase trois Masters 1000 d''affilée, la concurrence peine visiblement à trouver la parade. Les associations rivales changent, se recomposent, tentent de nouvelles formules tactiques. Rien n''y fait face à la constance du duo tchéco-américain.
Townsend, 30 ans elle aussi, vit la meilleure période de sa carrière en double après des années de galère en simple sur le circuit. Sa reconversion en spécialiste du double lui a offert une seconde jeunesse sportive que peu auraient anticipée il y a trois ans.
Avec Roland-Garros qui se profile à l''horizon, la question se pose naturellement : Siniakova et Townsend peuvent-elles ajouter un titre du Grand Chelem à leur collection commune ? La Tchèque possède une expérience considérable à Porte d''Auteuil, avec plusieurs finales de double à son actif. La terre battue parisienne, plus lente que celle de Madrid, pourrait favoriser leur style patient et construit, fait de longs échanges et de montées au filet millimétrées.
Trois WTA 1000 de suite en double, c''est le genre de statistique qui finit dans les livres d''histoire. Même dans une discipline qui peine à attirer les caméras, cette série force le respect du circuit entier.


