La question ne porte plus seulement sur la finale de Madrid. Après avoir balaye Arthur Fils 6-2, 6-4 en demi-finale vendredi, Jannik Sinner a glisse une phrase qui a fait trembler le calendrier : "Entre ce tournoi et Rome, je vais essayer de recuperer, et on verra ce qui se passe."
Le numéro un mondial, invaincu en Masters 1000 depuis novembre avec 27 victoires consécutives, ne cache plus l'usure physique. Depuis janvier, l'Italien enchaine les tournois majeurs sans repit : Open d'Australie, Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, et maintenant Madrid. Cinq finales de Masters 1000 d'affilee, un rythme jamais vu dans l'ere Open.
Rome debutera le 11 mai, soit huit jours seulement après la finale de dimanche face a Alexander Zverev. Pour un joueur qui dispute chaque tournoi jusqu'au dernier match, la fenetre de recuperation est quasi inexistante.
Jose Moron, redacteur en chef de Punto de Break, n'a pas mache ses mots : "Si j'étais Sinner, je ne jouerais pas Rome. L'opportunite de gagner Roland-Garros est unique cette année. Tout semble aligne pour lui, mais son corps est désormais son principal adversaire avant Paris."
L'absence de Carlos Alcaraz, forfait pour Rome et Roland-Garros en raison de sa blessure au poignet droit, change radicalement la donne. Sans son rival espagnol, la route vers le titre parisien s'ouvre comme jamais pour Sinner. Sacrifier Rome pour arriver frais a la Porte d'Auteuil pourrait s'averer le choix le plus intelligent de sa saison.
Le dilemme est pourtant reel. L'an passe, Sinner avait du renoncer a Rome en raison d'une blessure a la hanche, un retrait douloureux devant son public. Manquer deux editions consécutives de l'Internazionali d'Italia serait un creve-coeur pour celui qui a fait de la regularite son arme absolue.
La décision devrait tomber dans les jours suivant la finale de Madrid. Quel que soit le resultat de dimanche, Sinner sait que la vraie bataille se joue a Paris fin mai.



