Tiago Torres ne devait pas être là. Classé 427e mondial, le Portugais de 22 ans a reçu une wild card pour disputer le premier tableau principal ATP de sa carrière, à domicile, au Millennium Estoril Open. Quatre matchs plus tard, il est en demi-finales et défiera Andrey Rublev, tête de série numéro 1.
Son quart de finale contre Hugo Gaston, jeudi, a confirmé que l'aventure n'a rien d'un accident. Torres a dominé le Français 6-4, 6-4, imposant un jeu solide depuis le fond de court et une maîtrise remarquable pour un joueur qui évoluait encore sur le circuit ITF il y a quelques semaines. La victoire était nette, sans break-back concédé.
Le parcours de Torres à Estoril restera dans les mémoires, quelle que soit l'issue de la demi-finale. Au premier tour, il a écarté un qualifié. En huitièmes, il a créé la première sensation du tournoi en sortant Alejandro Tabilo, troisième tête de série et 28e mondial, 6-4, 6-2. Puis Gaston en quarts, 6-4, 6-4. À chaque tour, le même schéma : un service fiable, un jeu de fond propre et une capacité à maintenir la pression sans se précipiter.
Torres n'est pas le seul Portugais à briller à domicile. Jaime Faria, 79e mondial et favori du public, a frappé encore plus fort en quarts en éliminant Luciano Darderi, deuxième tête de série, 6-2, 6-4. L'Italien n'a jamais trouvé la solution face à l'intensité de Faria, porté par l'ambiance du Estadio Millennium. Faria retrouvera Burruchaga en demi-finale, l'Argentin ayant sorti le quatrième favori Blockx 6-1, 4-6, 6-3.
Le résultat est spectaculaire : aucune tête de série ne figure dans la partie basse du tableau. Rublev, seul rescapé du top 20 après avoir écrasé Luca Van Assche 6-1, 6-1 en quarts, domine la partie haute. Le Russe est en mission, mais face à Torres et l'énergie du public portugais, la demi-finale de vendredi promet d'être électrique.
Pour Torres, chaque match gagné est désormais un bonus. Mais le sourire confiant qu'il affichait après sa victoire contre Gaston suggérait autre chose : ce joueur ne se contente plus de participer. Il veut aller au bout.

