Stefanos Tsitsipas avait presque disparu des radars. Le Grec de vingt-six ans, ancien numéro trois mondial et finaliste de Roland-Garros 2021, vient de disputer sa première finale ATP depuis février 2025 à Gstaad. Malgré la défaite face à Raphaël Collignon (6-7, 6-7), cette semaine en Suisse raconte l'histoire d'un joueur qui refuse de s'éteindre.
Le parcours de Tsitsipas à Gstaad a été celui d'un compétiteur retrouvé. Victoire en trois sets contre Jerome Kym, puis un quart de finale solide face au quatrième tête de série Arthur Rinderknech, et enfin une demi-finale maîtrisée contre Aleksandr Shevchenko (6-4, 3-6, 6-3). Le Grec a montré des jambes, de la variété tactique et surtout cette capacité à souffrir dans les moments chauds qui avait fait sa marque.
Les seize derniers mois ont été éprouvants pour Tsitsipas. Après sa séparation avec son entraîneur de longue date Apostolos (son père), le Grec a traversé une crise de résultats et de confiance. Son classement a glissé hors du top 15 pour la première fois depuis 2020. Les éliminations précoces se sont enchaînées, de l'Open d'Australie à Monte-Carlo en passant par Roland-Garros.
Mais la terre battue a toujours été son jardin. C'est sur cette surface que Tsitsipas a remporté ses plus grands succès (Monte-Carlo 2021, 2022, finale Roland-Garros), et c'est logiquement sur elle qu'il retrouve ses repères. Son jeu tout-terrain, entre montées au filet, amorties et coups droits liftés, s'exprime pleinement sur l'ocre.
À vingt-six ans, Tsitsipas a encore le temps de revenir au plus haut niveau. Cette finale à Gstaad ne suffira pas à le replacer dans le top 10 immédiatement, mais elle envoie un signal clair : le Grec n'a pas dit son dernier mot. La prochaine étape sera de transformer ces semaines prometteuses en titres. Le swing nord-américain sur dur sera un test différent, mais Tsitsipas semble avoir retrouvé l'état d'esprit nécessaire pour rivaliser.

