Stefanos Tsitsipas a dû passer par les qualifications pour intégrer le tableau principal du Masters 1000 de Montréal, une situation que le Grec n'avait plus connue dans un tournoi de cette envergure depuis le Masters de Rome en 2018. À 28 ans, l'ancien numéro 3 mondial vit une traversée du désert qui interpelle le monde du tennis.
De Roland-Garros aux qualifications
Il y a trois ans, Tsitsipas disputait les demi-finales de Roland-Garros et occupait le top 5 mondial avec la régularité d'un métronome. La réalité de 2026 raconte une tout autre histoire. Tombé jusqu'au 88e rang mondial au cours de la saison, le Grec a vu son classement dégringoler sous l'effet conjugué de blessures à répétition et de résultats décevants dans les grands rendez-vous. Depuis le début de l'année 2025, il n'a pas dépassé le deuxième tour d'un Grand Chelem et n'a atteint qu'un seul quart de finale en Masters 1000.
La saison 2026 a été particulièrement cruelle. Les retours de blessure successifs ont empêché Tsitsipas de construire la moindre dynamique. Chaque tentative de relance s'est heurtée à un nouveau pépin physique ou à une défaite précoce contre un adversaire moins bien classé. Le Grec, autrefois considéré comme l'un des héritiers naturels du Big 3, s'est retrouvé à regarder le top 50 depuis l'extérieur.
Gstaad comme point de lumière
Un rayon de soleil est apparu en juillet, lorsque Tsitsipas a décroché le titre à Gstaad sur terre battue. Cette victoire, la première du Grec depuis de longs mois, lui a permis de remonter d'une trentaine de places au classement pour se stabiliser autour de la 51e position mondiale. Un résultat encourageant, mais insuffisant pour obtenir une entrée directe dans les tableaux principaux des Masters 1000, où la barre d'admission se situe généralement autour du top 40.
C'est ainsi que Tsitsipas s'est retrouvé tête de série numéro un des qualifications à Montréal. Il a rempli le contrat en dominant l'Américain Keegan Rice 6-3, 6-4, sans montrer de signe de frustration face à cette situation inhabituelle pour un joueur de son calibre.
Ce qui a changé dans son jeu
La descente de Tsitsipas ne s'explique pas par un seul facteur. Son jeu offensif, construit autour d'un revers à une main élégant et d'une volée incisive, n'a rien perdu de sa qualité intrinsèque. Le problème réside davantage dans la constance physique et la capacité à enchaîner les matchs au plus haut niveau. Les blessures ont fragmenté sa saison, l'empêchant de construire la dynamique nécessaire pour grimper dans un système de classement où les points se perdent aussi vite qu'ils se gagnent.
L'adaptation au jeu de puissance qui domine le circuit masculin constitue un autre défi. Face à des serveurs comme Ben Shelton ou Jack Draper, le style de Tsitsipas, plus technique que physique, peine à trouver les solutions quand le rythme s'accélère.
Montréal comme test de caractère
Le Grec affronte Martin Damm Jr. au premier tour du tableau principal. Un match abordable sur le papier, mais qui prend une dimension particulière dans le contexte actuel. Chaque victoire compte pour Tsitsipas, qui doit accumuler les points avant la tournée américaine et l'US Open. À 28 ans, le temps joue encore en sa faveur, mais la fenêtre pour retrouver le top 20 se réduit à chaque semaine sans résultat significatif.
Tsitsipas en chiffres sur la saison 2026 : classement le plus bas atteint, 88e mondial. Un titre remporté à Gstaad. Aucun troisième tour atteint en Grand Chelem depuis début 2025. Classement actuel autour du 51e rang. Dernier passage en qualifications d'un Masters 1000, Rome 2018, il y a huit ans.

