Novak Djokovic a une nouvelle fois repoussé les limites de l’histoire. En battant Arthur Rinderknech 7-5, 6-4, 1-6, 7-6(4) en huitièmes de finale, le Serbe a décroché sa 105e victoire à Wimbledon, égalant le record absolu de Roger Federer au All England Club. À trente-neuf ans, Djokovic continue d’écrire l’un des chapitres les plus vertigineux du tennis mondial.
La soirée n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Après deux sets maîtrisés, le Français Rinderknech, vingt-cinquième tête de série, a infligé un cinglant 6-1 à Djokovic dans la troisième manche. Le Centre Court a retenu son souffle. Mais le Serbe a retrouvé sa lucidité dans le quatrième set, conclu par un tie-break autoritaire ponctué d’une volée plongeante sur balle de match. Quarante coups gagnants pour seulement seize fautes directes : la statistique résume la maîtrise globale de Djokovic malgré la tempête du troisième set.
« Pouvoir écrire l’histoire dans ce sport est un immense privilège, surtout ici », a déclaré Djokovic après le match. « J’ai servi extrêmement bien dans le tie-break, mais pendant la majeure partie du match j’ai eu du mal avec ce service. » Une victoire de plus le placerait seul détenteur du record masculin de victoires en simple à Wimbledon. L’histoire frappe à la porte.
Jannik Sinner, tenant du titre et numéro un mondial, a de son côté avancé de manière plus linéaire en dominant Jenson Brooksby 6-4, 6-3, 6-4 au troisième tour. Une victoire en trois sets qui masque quelques frissons : l’Italien s’est fait débreaker en tentant de conclure à 5-3 dans le troisième set et a dû gaspiller deux balles de match avant de convertir la troisième.
« J’essaie de trouver mon rythme », a confié Sinner, qui n’avait disputé aucun tournoi préparatoire sur gazon après sa sortie prématurée au deuxième tour de Roland-Garros. Un aveu d’imperfection qui n’empêche pas la machine de tourner : trois victoires en trois matchs, dont un premier tour en cinq sets contre Kecmanovic, témoignent d’une capacité de résilience qui reste la marque des grands champions.
Le contraste entre les deux parcours est saisissant. D’un côté Djokovic, trente-neuf ans, qui arrache chaque victoire comme un acte de résistance contre le temps. De l’autre Sinner, vingt-quatre ans, qui construit patiemment sa montée en puissance match après match. Tous deux se retrouveront peut-être en quarts de finale si le tableau respecte la logique des têtes de série.
En huitièmes, Djokovic affrontera le qualifié Safiullin, auteur du parcours le plus romanesque du tournoi. Sinner retrouvera le qualifié japonais Shintaro Mochizuki, ancien champion junior de Wimbledon en 2019, dimanche. Deux défis très différents pour les deux favoris du tableau masculin.



