À vingt-deux ans, Arthur Fils est en train d'écrire le plus beau chapitre de sa jeune carrière. Champion à Barcelone, invaincu sur terre battue cette saison, demi-finaliste à Madrid : le Français vit une métamorphose qui le propulse aux portes du top 20 mondial.
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L'histoire de cette renaissance a un point de départ précis : l'arrivée de Goran Ivanisevic dans son équipe en février. L'ancien vainqueur de Wimbledon, qui a forgé le jeu de Novak Djokovic pendant des années, a trouvé en Fils un projet qui l'excite. Depuis leur collaboration, les résultats parlent d'eux-mêmes. Finaliste à Doha, quart de finaliste à Indian Wells, demi-finaliste à Miami, puis le sacre à Barcelone.
C'est justement en Catalogne que Fils a montré l'étendue de ses progrès. Face à Andrey Rublev en finale, il a imposé un tennis d'une maturité saisissante, s'imposant 6-2, 7-6(2) pour décrocher son quatrième titre ATP. « Mon niveau global est très élevé en ce moment, et ma confiance aussi », confiait-il après ce sacre, les yeux déjà tournés vers Madrid.
La Caja Mágica ne lui a pas fait peur. Tour après tour, Fils a gravi les échelons avec une régularité mécanique. Contre Jiri Lehecka en quarts, il a livré une leçon de service : 86% de points gagnés sur première balle, zéro balle de break concédée. 6-3, 6-4, en un peu plus d'une heure. « Je n'aime pas quand quelqu'un me bat largement, j'y pense beaucoup », avait-il lâché en référence à sa défaite contre le Tchèque à Miami. La revanche a été méthodique, presque froide.
En atteignant les demi-finales, Fils est devenu le premier Français à ce stade du Masters 1000 de Madrid depuis Gilles Simon en 2008. Une statistique qui en dit long sur la traversée du désert du tennis tricolore dans les grands rendez-vous sur terre battue. Lundi, il entrera dans le top 20 pour la première fois depuis septembre.
Mais le plus dur reste à venir. Jannik Sinner, numéro un mondial, invaincu dans les quatre premiers Masters 1000 de la saison, se dresse sur sa route vendredi. Leur dernière confrontation remonte à 2023, une éternité dans le tennis moderne. « Ça va être un match de haute intensité. Je vais devoir être à mon meilleur du début à la fin », prévient Fils, lucide mais pas résigné.
Neuf victoires de rang, un titre, des parcours profonds dans trois Masters 1000 consécutifs : Arthur Fils n'est plus seulement une promesse. À Madrid, il confirme qu'il est devenu l'homme fort du tennis français.


