Il y a six mois, Paula Badosa n'apparaissait plus dans le top 100 mondial. L'Espagnole de vingt-huit ans traînait un corps meurtri par les blessures et un classement en chute libre, conséquence d'une saison 2025 marquée par les abandons et les retours précipités. Le contraste avec cette semaine de juillet 2026 est saisissant : neuf victoires d'affilée, un titre à Bastad et une place en finale à Iasi, où elle affrontera Mayar Sherif ce lundi.
Le parcours de Badosa raconte une histoire de résilience. Ancienne numéro 2 mondiale en 2022, l'Espagnole a vu sa carrière basculer après une série de blessures au dos qui ont miné sa confiance et limité sa mobilité. Le cycle descendant a duré plus d'un an. Chaque tentative de retour se soldait par une rechute, chaque tournoi par un abandon ou une défaite au premier tour. Début 2026, son classement avait glissé au-delà de la centième place, loin des projecteurs qu'elle avait connus.
La résurrection a commencé discrètement. Badosa a repris le circuit par les tournois secondaires, acceptant de jouer des WTA 125 pour reconstruire son jeu et sa confiance loin de la pression des grands tableaux. La stratégie a porté ses fruits à Bastad, où elle a remporté le titre sans perdre un set en route vers la finale. Le déclic.
À Iasi, le niveau a encore monté d'un cran. Sa demi-finale face à Tamara Zidanšek (3-6, 7-5, 7-6) restera comme un moment fort de sa saison. Menée deux fois au bord de l'élimination, Badosa a puisé dans des ressources mentales que beaucoup pensaient épuisées. Le tie-break du troisième set, remporté 7 points à 1, a montré une joueuse transformée par l'adversité. La victoire portait une charge émotionnelle particulière : Zidanšek avait autrefois éliminé Badosa en quarts de finale de Roland-Garros, une défaite que l'Espagnole avait décrite comme l'une des plus douloureuses de sa carrière.
Ce qui frappe dans cette résurgence, c'est la solidité physique. Pour la première fois depuis deux ans, Badosa a enchaîné deux semaines complètes de compétition sans alerte corporelle. Son jeu de fond de court retrouve de la profondeur, son service de la régularité, et surtout, ses déplacements ont retrouvé la fluidité qui faisait sa force au sommet du classement.
En cas de titre à Iasi, Badosa remonterait autour de la 75e place mondiale, avec une entrée directe à l'US Open en ligne de mire. À vingt-huit ans, l'Espagnole prouve qu'un retour dans le tennis féminin est possible, y compris après les passages les plus sombres. La suite de la saison estivale, avec la transition vers le dur nord-américain, dira si cette renaissance est durable ou simplement un éclat passager sur terre battue.

