Carlos Alcaraz a porté le trophée de la Coupe du monde sur la pelouse du MetLife Stadium dimanche soir, quelques minutes avant la finale Espagne-Argentine. L'image aurait pu n'être que celle d'un sportif célébrant son pays. Mais un détail a retenu l'attention des observateurs : le numéro 3 mondial portait une attelle au poignet droit, celui-là même qui l'éloigne des courts depuis trois mois.
La blessure remonte au Masters 1000 de Barcelone en avril. Face à Otto Virtanen, Alcaraz a ressenti une douleur au poignet qui l'a contraint à se retirer du tournoi. Depuis, le silence sportif a été total. Roland-Garros, Wimbledon, les ATP 250 sur gazon et sur terre battue : l'Espagnol n'a disputé aucun match officiel en près de cent jours. C'est la plus longue absence de sa carrière professionnelle.
Les images du MetLife Stadium nourrissent deux lectures opposées. La première, optimiste : Alcaraz est debout, souriant, capable de tenir un trophée et de saluer la foule. Il est présent aux États-Unis, là où se joue le swing estival. La seconde, plus prudente : l'attelle est toujours là. Trois mois après la blessure initiale, le poignet nécessite encore un soutien. L'ancien champion de Wimbledon Richard Krajicek a commenté la situation sans détour : « Les blessures au poignet ou au coude sont beaucoup plus difficiles à gérer. C'est vraiment compliqué de retrouver ses sensations quand on recommence à jouer. »
Le nom d'Alcaraz figure sur la liste des engagés du Masters 1000 de Cincinnati, programmé du 10 au 17 août. Mais figurer sur une liste n'est pas une garantie de présence. Le camp Alcaraz privilégie la prudence, conscient qu'un retour précipité risquerait de transformer une blessure gérable en problème chronique. L'US Open, qui débute le 25 août, reste l'objectif prioritaire.
En attendant, le circuit avance sans lui. Jannik Sinner a creusé l'écart en tête du classement mondial avec plus de 5 000 points d'avance. Alexander Zverev et Félix Auger-Aliassime se disputent la deuxième place. Alcaraz, bloqué à la troisième position sans points à défendre, voit ses rivaux accumuler les résultats.
L'Espagne a remporté la Coupe du monde dimanche (but de Ferran Torres). Alcaraz, lui, attend de remporter son propre combat : retrouver un court de tennis sans douleur.


