La saison sur gazon 2026 touche à sa fin. Dans 48 heures, les projecteurs se braquent sur le All England Club. Avant que Wimbledon ne redistribue les cartes, retour sur trois semaines de tennis sur herbe qui ont dessiné les rapports de force.
Côté masculin, la surprise porte un nom américain. Frances Tiafoe a remporté le titre à Halle en dominant Taylor Fritz 6-4, 6-4 en finale, devenant le premier Américain à soulever ce trophée. Un tennis offensif, décomplexé, porté par un service en pleine progression. À 28 ans, Tiafoe semble avoir trouvé la clé du gazon et arrive à Wimbledon avec une confiance rarement atteinte.
À Queen's, c'est Francisco Cerúndolo qui a créé l'événement. L'Argentin, plus connu pour ses exploits sur terre battue, a battu Tommy Paul 6-7(4), 6-4, 6-3 en finale pour décrocher son premier titre sur herbe. Une victoire de caractère, arrachée après la perte du premier set, qui prouve que le tennis moderne ne connaît plus de frontières de surface. Côté féminin au Queen's, a dominé 6-0, 7-6(6), infligeant un premier set cinglant à la Britannique.
La semaine suivante a confirmé certaines tendances et en a bousculé d'autres. a rejoint Chris Evert et Martina Navratilova au panthéon d'Eastbourne en décrochant un troisième titre dans le Sussex. À 31 ans, l'Américaine affiche une régularité impressionnante sur gazon, portée par un coup droit dévastateur qui fait des ravages sur surface rapide.
À Bad Homburg, s'est offert le titre après l'abandon de en finale (6-1, 1-0 ret.). La Tchèque, artiste du toucher et de la variation, semble taillée pour briller sur le gazon londonien. Son parcours sans défaite cette semaine constitue un signal fort.
Du côté des alertes, plusieurs noms arrivent à Wimbledon avec des points d'interrogation. Osaka, justement, quitte l'Allemagne avec une gêne au pied qui interroge. Raducanu, battue sèchement en finale au Queen's puis aperçue écourtant une session d'entraînement, traîne des doutes physiques persistants. , tenante du titre à Wimbledon, a chuté dès les quarts à Bad Homburg face à , soulevant la question de son adaptation au gazon après un Roland-Garros intense.
représente l'autre grande satisfaction de cette préparation. Le Français, fidèle à son tennis de contre et de service-volée, a atteint la finale d'Eastbourne en éliminant notamment en demi-finale. Humbert confirme qu'il est l'un des joueurs les plus à l'aise sur herbe du circuit actuel.
Le tableau d'ensemble dessine un Wimbledon ouvert. Chez les hommes, défend son titre sans avoir joué de tournoi préparatoire sur gazon, préférant un bloc d'entraînement ciblé après ses difficultés physiques à Roland-Garros. , champion 2024, reste l'étalon du tennis offensif. Tiafoe, Humbert et ajoutent de l'incertitude. Chez les femmes, Keys et Muchová arrivent lancées, tandis que Świątek et Osaka portent des doutes. Tous les ingrédients sont réunis pour un Wimbledon imprévisible.

