Casper Ruud n'aura tenu qu'une heure et cinq minutes à Cincinnati. Tête de série numéro 11 du Masters 1000 de l'Ohio, le Norvégien a abandonné dimanche lors de son entrée en lice face à Christopher O'Connell, 126e mondial passé par les qualifications. Battu 7-5 dans la première manche, il venait de prendre les devants 2-1 dans la deuxième quand le médecin est intervenu sur le court. Quelques instants plus tard, l'Australien se retrouvait au troisième tour sans avoir eu à conclure. La nature exacte de la blessure n'a pas été confirmée officiellement dans l'immédiat, mais plusieurs médias évoquent une gêne au bas du dos.
Le médecin sur le court, puis la fin
Le match avait pourtant démarré comme un vrai bras de fer. Une première manche que Ruud avait pourtant prise en main, avec un avantage de 5-2 selon les récits de la rencontre, avant d'encaisser cinq jeux de suite et de la céder 7-5, puis un début de deuxième set où Ruud a repris la main. C'est précisément là que tout s'est arrêté. Le personnel médical a été appelé, le médecin s'est entretenu avec le Norvégien, et la conclusion est tombée : impossible de continuer. Selon les observations rapportées par la presse, le kinésithérapeute avait déjà traité le bas du dos du Norvégien avant le début de la deuxième manche. Ruud a bien tenté de repartir, avant de renoncer quelques jeux plus tard. Son clan n'avait fait aucune déclaration dimanche soir.
Le moment choisi en dit long. Un joueur ne quitte pas un match qu'il vient de faire basculer de son côté pour une alerte bénigne. Ruud menait dans la manche en cours, face à un adversaire classé plus de cent places derrière lui, et il a pourtant rendu le court après 65 minutes. Tant que son équipe n'aura pas donné de diagnostic, le degré de gravité restera une inconnue. Le silence, dans ces cas-là, ne rassure jamais vraiment.
O'Connell, de la claque de Montréal au troisième tour
La semaine de Christopher O'Connell raconte l'inverse. Battu sèchement par James Duckworth à Montréal début août, l'Australien est arrivé dans l'Ohio par la porte des qualifications. Vendredi, il a écarté Kamil Majchrzak 6-4, 7-6 pour son premier match dans le grand tableau. Dimanche, il a tenu tête à un membre du top 15 le temps d'une manche et demie. Personne ne souhaite gagner ainsi, mais un troisième tour en Masters 1000 ne se refuse pas quand on sort des qualifications.
Un été qui pèse de plus en plus lourd
Pour Ruud, cet arrêt prolonge une séquence éprouvante. Joao Fonseca l'a sorti en huitièmes de finale à Roland-Garros, Hubert Hurkacz l'a battu à Wimbledon, Juan Manuel Cerundolo l'a fait chuter à Gstaad, puis Fonseca l'a de nouveau stoppé au troisième tour de Montréal il y a dix jours (7-6, 6-3). Depuis Wimbledon, son bilan tient en une ligne : deux victoires, deux défaites, et désormais cet abandon.
Le contraste avec son printemps est frappant. À Paris, le Norvégien avait sauvé deux balles de match contre Tommy Paul au troisième tour avant de s'imposer en cinq manches, l'un des matchs les plus accrochés de sa quinzaine. Cincinnati devait lui rendre du rythme sur le dur nord-américain, la surface des enjeux de fin de saison. Il repart avec une inquiétude physique et presque aucun temps de jeu.
New York en toile de fond
Le calendrier rend l'épisode encore plus sensible. La blessure sème le doute sur sa présence à l'US Open, dernier Grand Chelem de la saison. Flushing Meadows occupe une place à part dans la carrière de Ruud : il y a disputé la finale en 2022, perdue face à Carlos Alcaraz, son meilleur résultat à New York. S'y présenter diminué, ou devoir y renoncer, changerait complètement sa fin de saison.
Les prochains jours diront si cet abandon relève de la précaution ou d'un problème plus profond. En attendant un communiqué du clan Ruud, une seule certitude demeure : dimanche à Cincinnati, Casper Ruud n'a pas pu finir son match d'entrée.



