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Cincinnati 2025 : Alcaraz sacré après l’abandon de Sinner en finale, une victoire au goût amer

Carlos Alcaraz remporte Cincinnati 2025 après l’abandon de Jannik Sinner à 5-0 en finale, terrassé par la chaleur. Huitième Masters 1000 et sixième titre de la saison pour l’Espagnol.

ScoreShark Editorial18 août 20256 min de lecture
Cincinnati 2025 : Alcaraz sacré après l’abandon de Sinner en finale, une victoire au goût amer

Personne n’avait imaginé que la finale du Masters de Cincinnati 2025 se terminerait de cette manière. Vingt-trois minutes de jeu, un score de 5-0 en faveur de Carlos Alcaraz, et Jannik Sinner qui appelle le médecin avant de quitter le court, incapable de continuer. La chaleur étouffante de l’Ohio avait eu raison du numéro un mondial, transformant ce qui devait être le choc de la saison en un épilogue aussi brutal qu’inattendu.

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Alcaraz remporte son huitième titre en Masters 1000, le plus grand nombre parmi les joueurs en activité derrière les quarante couronnes de Novak Djokovic. C’est son sixième titre de la saison 2025, une statistique qui confirme sa domination sur le circuit. Mais l’Espagnol de vingt-deux ans sait mieux que quiconque que cette victoire particulière ne sera jamais célébrée comme les autres. Il y a des trophées que l’on brandit avec la pleine satisfaction du vainqueur, et d’autres que l’on accepte avec le respect dû à un adversaire tombé au combat.

Le parcours d’Alcaraz jusqu’à cette finale mérite pourtant une attention considérable, car il raconte l’histoire d’un joueur au sommet de sa forme physique et mentale. Son premier match contre Damir Dzumhur a posé un défi inattendu. Le score de 6-1, 2-6, 6-3 révèle un match bien plus complexe que ce que la tête de série numéro deux aurait souhaité. Le Bosnien, vétéran du circuit, a exploité un moment de relâchement dans le deuxième set pour offrir au public un suspense bienvenu. Mais Alcaraz, caractéristique de sa maturité grandissante, a repris le contrôle dans le set décisif sans jamais paniquer.

Au troisième tour, la victoire 6-4, 6-4 contre Hamad Medjedovic a eu une résonance particulière. Ce résultat constituait la cinquantième victoire d’Alcaraz en 2025, un cap atteint dès le mois d’août que seuls les meilleurs joueurs de l’histoire franchissent aussi rapidement dans une saison. Le Serbe, talent prometteur du circuit, n’a jamais trouvé l’ouverture face à un Alcaraz qui dictait les échanges avec une précision chirurgicale.

Le huitième de finale contre Luca Nardi a permis à Alcaraz de poursuivre sa route sans trop de dépense énergétique, l’Italien s’étant qualifié après l’abandon de Jakub Mensik et arrivant sur le court avec des jambes déjà lourdes. C’est en quart de finale que le véritable tournoi d’Alcaraz a commencé. Andrey Rublev, le Russe au coup droit dévastateur, a livré une bataille de trois sets qui a mis à l’épreuve la concentration de l’Espagnol. Le score de 6-3, 4-6, 7-5 témoigne d’un match où chaque jeu du troisième set pesait son poids d’intensité. Rublev, galvanisé par la reconquête du deuxième set, a poussé Alcaraz dans des zones d’inconfort rares. Mais c’est précisément dans ces moments que le génie de l’Espagnol s’exprime le mieux, trouvant des solutions là où d’autres joueurs ne voient que des impasses.

La demi-finale contre Alexander Zverev s’est jouée dans un contexte physique particulier. L’Allemand, lui aussi affecté par la chaleur accablante qui sévissait sur le Lindner Family Tennis Center, a demandé un temps mort médical pendant le deuxième set. Alcaraz en a profité pour imposer un rythme implacable, concluant l’affaire 6-4, 6-3 avec une efficacité redoutable. Deux heures de jeu à peine, et l’Espagnol se retrouvait en finale, qualifié pour sa vingt-deuxième finale ATP, un chiffre vertigineux pour un joueur de cet âge.

De l’autre côté du tableau, Jannik Sinner avait mené une campagne tout aussi impressionnante. Le défenseur du titre n’avait pas concédé un seul set avant la finale, une performance remarquable dans un Masters 1000 de cette envergure. Sa victoire expéditive contre Daniel Elahi Galan au premier tour, bouclée en cinquante-neuf minutes, avait donné le ton. Gabriel Diallo, le Canadien trentième tête de série, avait résisté davantage au deuxième tour avec un score de 6-2, 7-6(6), mais le résultat n’avait jamais fait de doute. Adrian Mannarino, expérimenté gaucher français, avait lui aussi subi la loi du numéro un mondial au troisième tour.

Le quart de finale Sinner-Auger-Aliassime restera l’un des matchs les plus déséquilibrés de la semaine. Le Canadien, vingt-troisième tête de série et joueur capable de performances brillantes, a été littéralement balayé 6-0, 6-2 en soixante et onze minutes. Sinner a délivré une leçon de tennis de fond de court, ne laissant aucun espace à son adversaire pour respirer. En demi-finale, Térence Atmane, qualifié français et révélation du tournoi, a connu le même sort. Sinner l’a emporté 7-6, 6-2 pour s’assurer sa deux-centième victoire en carrière sur surface dure et sa vingt-sixième victoire consécutive sur cette surface.

Le parcours d’Atmane mérite d’être mentionné pour sa dimension exceptionnelle. Le Français est devenu le premier qualifié à atteindre les demi-finales de Cincinnati depuis Alexandr Dolgopolov en 2015, une performance qui témoigne d’un talent en pleine éclosion et d’une semaine de tennis inspiré.

Et puis la finale est arrivée, et avec elle les conditions qui allaient tout changer. La température dépassait les 35 degrés Celsius, avec un taux d’humidité oppressant. Ce type de chaleur n’affecte pas tous les joueurs de la même manière, et Sinner, malgré sa condition physique exceptionnelle, a montré des signes de détresse dès les premiers jeux. Son jeu de jambes, habituellement fluide et précis, manquait de dynamisme. Ses frappes, normalement cinglantes, arrivaient avec un temps de retard. Alcaraz, impitoyable comme le sont les grands champions face à la moindre faiblesse, a immédiatement pris le contrôle.

À 5-0, Sinner a demandé l’intervention du médecin du tournoi. Les images du numéro un mondial assis sur sa chaise, visiblement diminué par la maladie, ont marqué les esprits. La décision d’abandonner, aussi cruelle soit-elle dans le contexte d’une finale de Masters 1000, était la seule responsable. Continuer aurait risqué sa santé à deux semaines de l’US Open, l’enjeu suivant sur le calendrier.

Alcaraz a accepté le trophée avec la dignité qui s’imposait. Pas d’euphorie excessive, pas de célébration débridée. L’Espagnol a exprimé sa sympathie pour Sinner et reconnu que les circonstances de cette victoire ne reflétaient pas ce que les deux joueurs et le public avaient espréré. C’est cette maturité émotionnelle, autant que son talent tennistique, qui fait d’Alcaraz un champion aussi apprécié sur le circuit.

Mais les chiffres restent les chiffres. Huitième Masters 1000, sixième titre de la saison, cinquantième victoire de l’année atteinte dès le mois d’août. Alcaraz est devenu le plus jeune champion de Cincinnati depuis Andy Murray en 2008, ajoutant son nom à une liste de vainqueurs prestigieuse. La rivalité avec Sinner, déjà considérée comme la plus importante du tennis mondial, sortait de cette semaine avec un chapitre supplémentaire, certes incomplet, mais qui nourrissait l’attente pour leurs prochaines confrontations.

Cincinnati 2025 restera comme un tournoi marqué par la chaleur, dans tous les sens du terme. La chaleur climatique qui a fini par terrasser Sinner en finale. La chaleur compétitive d’un Alcaraz incandescent tout au long de la semaine. Et la chaleur humaine d’un public qui a salué les deux finalistes avec le respect que méritent les deux meilleurs joueurs de leur génération.

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