Novak Djokovic n'a jamais aussi peu joué avant un Grand Chelem. Trois tournois disputés en 2026, un seul match sur terre battue cette saison, et pourtant le Serbe se présente Porte d'Auteuil avec l'ambition intacte de décrocher un 25e titre majeur.
À 39 ans, le triple champion de Roland-Garros a délibérément choisi la parcimonie. Exit les longs blocs de préparation sur terre, les tournois intermédiaires à répétition. Djokovic a privilégié la récupération physique et le travail ciblé, misant sur l'expérience de ses 24 sacres en Grand Chelem pour compenser le manque de rythme compétitif.
La nomination de Viktor Troicki comme entraîneur, annoncée la semaine dernière, illustre ce virage stratégique. Ancien top 12 mondial et compagnon de longue date en Coupe Davis, Troicki connaît le jeu de Djokovic dans ses moindres détails. Ce choix de proximité, après les passages de Goran Ivanisevic puis Boris Becker sur le banc, traduit une volonté de confort et de compréhension mutuelle plutôt que de révolution tactique.
Son premier obstacle s'appelle Giovanni Mpetshi Perricard, le Français au service dévastateur. Un test immédiat pour un joueur qui n'a quasiment pas pratiqué la compétition depuis plusieurs semaines. Mpetshi Perricard, connu pour ses aces en rafale, peut poser des problèmes à n'importe quel retourneur.
La question centrale est simple : Djokovic peut-il réussir là où le calendrier dit qu'il ne devrait pas ? Son palmarès plaide pour lui. En 2023, il avait soulevé la Coupe des Mousquetaires dans des conditions similaires de doute et de sous-estimation. Le Serbe a bâti sa légende sur sa capacité à contredire les scénarios écrits d'avance.
L'absence de Carlos Alcaraz, blessé au poignet et forfait pour la première fois depuis 2022, ouvre un boulevard dans la moitié basse du tableau. , installé en numéro 1 mondial avec 29 victoires consécutives, trône dans l'autre moitié. La configuration idéale pour Djokovic, qui évite le favori jusqu'à une éventuelle finale.
Reste à savoir si le corps et le timing suivront. À Roland-Garros, Djokovic n'a jamais eu besoin de beaucoup de matchs pour trouver son niveau. Mais il n'avait jamais non plus débarqué avec aussi peu de repères sur la surface. Le pari de la rareté, dernière invention d'une carrière qui n'en finit plus de repousser les limites.


