Novak Djokovic n'a pas esquivé les questions sur son avenir. Quelques heures après sa défaite en trois sets contre Jannik Sinner en demi-finale de Wimbledon (6-4, 6-4, 6-4), le Serbe s'est présenté en conférence de presse avec une lucidité désarmante. « J'aimerais revenir ici au moins une dernière fois. On verra », a-t-il lâché, le regard posé, la voix calme.
Cinq mots qui résonnent comme un avertissement. À trente-neuf ans, sept fois couronné sur le gazon londonien, Novak Djokovic mesure chaque déclaration. Il ne parle pas de retraite, il n'utilise pas le mot définitif. Mais la formulation dit tout : « au moins une fois ». Le sous-texte est limpide. La fin approche, et le champion le sait.
Sur le court, le constat a été sans appel. Djokovic a qualifié le match de « bonne vieille déculottée » avec un sourire en coin. « J'avais toujours un demi-temps de retard sur chaque frappe. Il était juste un cran, voire deux, au-dessus de moi. » Face à un Sinner impérial, auteur de quarante coups gagnants et zéro double faute, le Serbe n'a jamais trouvé les leviers pour inverser la dynamique.
Pourtant, Djokovic refuse de céder au pessimisme. « Personne ne me force à jouer. Je le fais parce que j'en ai vraiment envie et parce que j'en suis encore capable. Je peux encore jouer comme un top 5, encore rivaliser au plus haut niveau. » Des mots qui traduisent une conviction sincère, celle d'un compétiteur qui ne conçoit pas le tennis sans l'ambition de gagner.
Le Serbe a aussi souligné un élément positif : pour la première fois en deux ans, il a traversé un tournoi du Grand Chelem sans blessure physique. « C'est l'un des meilleurs enseignements de cette quinzaine », a-t-il reconnu. Un détail qui en dit long sur les tourments physiques qui ont jalonné ses deux dernières saisons, entre genou, poignet et cuisse.
Les chiffres racontent l'histoire d'un déclin qui n'a rien de brutal. Demi-finaliste à Wimbledon après un quart de finale épique de cinq heures et quinze minutes contre Félix Auger-Aliassime, le plus long de l'histoire du tournoi, Djokovic reste un adversaire redoutable pour n'importe quel joueur du circuit. Mais les écarts se creusent face aux tout meilleurs. Depuis son vingt-quatrième titre du Grand Chelem à l'US Open 2023, la quête du vingt-cinquième reste inachevée.
Le Centre Court lui a offert une ovation debout à sa sortie. Le public londonien, qui l'a longtemps sifflé avant de l'adopter, sait reconnaître la grandeur quand elle passe. l'a regardé partir avant de saluer la foule, le visage grave. Le passage de témoin entre deux générations s'écrit en temps réel, match après match, saison après saison.
La question n'est plus de savoir si Djokovic prendra sa retraite, mais quand. Et surtout, quel dernier chapitre il choisira d'écrire.


