João Fonseca ne jouera pas son troisième tour à Cincinnati. Le Brésilien, vingt-sixième mondial, a déclaré forfait mardi avant d'affronter l'Australien Christopher O'Connell, victime d'une gêne abdominale au côté gauche ressentie la veille à l'entraînement. À moins de deux semaines de l'US Open, le calendrier ne pouvait guère être plus cruel.
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Le joueur a lui-même expliqué la décision. "Aujourd'hui à l'entraînement, j'ai ressenti une légère gêne sur le côté gauche de l'abdomen. Après avoir passé des examens, mon équipe et moi avons décidé de nous retirer du tournoi de Cincinnati pour récupérer le plus vite possible." Le ton se veut rassurant, la formulation prudente. Aucune durée d'indisponibilité n'a été communiquée, et la nature exacte de la lésion n'a pas été précisée.
O'Connell rejoint donc les huitièmes de finale sans avoir joué. Pour Fonseca, l'arrêt est d'autant plus frustrant qu'il venait de signer une entrée en matière convaincante deux jours plus tôt, en écartant Botic Van De Zandschulp 6-4, 7-6(7) au terme d'un peu moins de deux heures de jeu. Le second set s'était joué sur un jeu décisif accroché, remporté 9 points à 7, le genre de séquence qui dit la solidité mentale d'un joueur avant même de dire son niveau de jeu.
UNE SAISON QUI L'A DÉJÀ FAIT CHANGER DE DIMENSION
Le forfait tombe au milieu d'un exercice 2026 qui a transformé le statut du Brésilien. Dix-neuf victoires en trente-deux matchs, mais surtout des scalps qui ne laissent aucune place au hasard. À Roland-Garros, il avait sorti Novak Djokovic au troisième tour avant de rejoindre les quarts de finale, une quinzaine qui restera comme le moment où le grand public a cessé de le regarder comme un espoir pour le considérer comme un adversaire. À Montréal, quelques jours avant Cincinnati, il avait encore écarté Stefanos Tsitsipas puis Casper Ruud avant de céder devant Ben Shelton.
Ce parcours a un prix. Un joueur qui découvre à cette vitesse le rythme des Masters 1000 et des Grands Chelems encaisse une charge que son corps n'a jamais connue. Fonseca fêtera ses vingt ans dans trois jours. La question physique, longtemps secondaire dans son cas, devient un paramètre que son entourage devra surveiller de près.
L'ÉCHÉANCE NEW-YORKAISE
C'est évidemment l'US Open qui donne à ce forfait son relief particulier. Le tournoi débute dans moins de deux semaines et Fonseca s'y présentera avec un statut qu'il n'avait pas l'an dernier, celui d'un joueur attendu, tête de série, capable d'inquiéter n'importe qui sur dur. Renoncer à Cincinnati lui coûte des matchs de préparation dans des conditions proches de celles de Flushing Meadows, mais lui offre en échange dix jours pour se soigner.
L'arbitrage est classique et rarement discutable : mieux vaut arriver diminué en repères qu'en douleur. Les gênes abdominales ont cette particularité désagréable de toucher directement le service, geste qui sollicite la sangle abdominale à chaque frappe. Un joueur qui sert mal sur dur perd bien plus qu'un peu de vitesse de balle, il perd le fondement de son jeu offensif.
CE QU'IL FAUT SURVEILLER
Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que sa participation à New York est menacée, et personne dans son camp ne l'a suggéré. La formule employée, se retirer pour récupérer le plus vite possible, indique une gestion préventive plutôt qu'une alerte majeure. Reste que le silence sur la durée de l'indisponibilité laisse la porte ouverte à toutes les lectures, et que les prochains jours d'entraînement diront bien plus que n'importe quel communiqué.
Cincinnati, lui, continue sans l'un de ses invités les plus attendus. O'Connell hérite d'un huitième de finale inespéré, et le tableau masculin perd une affiche que beaucoup guettaient. Le tennis brésilien, qui n'avait plus eu de tel porte-drapeau depuis longtemps, retiendra surtout son souffle jusqu'aux premiers échanges new-yorkais.


