Raphaël Collignon ne connaît pas la notion d'abandon. Mené 6-1, 5-3 par Juan Manuel Cerundolo en demi-finale du Swiss Open de Gstaad, le Belge de 24 ans a signé le retournement le plus spectaculaire de la semaine sur le circuit ATP, sauvant une balle de match avant de s'imposer 1-6, 7-6(5), 7-5 pour décrocher la première finale de sa carrière sur le circuit principal.
Le premier set avait tout d'une démonstration de l'Argentin. Cerundolo dictait les échanges, variait les angles et ne laissait aucune ouverture à son adversaire. En à peine trente minutes, le set était plié 6-1. Au début du deuxième set, le scénario semblait identique : Collignon perdait son service et se retrouvait mené 5-3, à un jeu de l'élimination.
C'est précisément à ce moment que tout a basculé. Sur une balle de match en faveur de Juan Manuel Cerundolo, le Belge a lâché un coup droit long de ligne qui a trouvé la ligne. Ce point a tout changé. Raphaël Collignon a enchaîné les jeux, remportant le tie-break 7-5 dans un Centre Court de Gstaad acquis à sa cause.
Le troisième set a confirmé le renversement psychologique. Cerundolo, visiblement ébranlé par le scénario du deuxième acte, a commis davantage de fautes directes. Collignon, lui, trouvait enfin son rythme sur la terre battue suisse, prenant le service adverse au moment décisif pour conclure 7-5.
Classé 42e mondial, son meilleur classement en carrière atteint le 13 juillet dernier, le Belge d'un mètre quatre-vingt-onze vit une saison de confirmation. Son premier fait d'armes remonte à Roland-Garros, où il avait battu Ben Shelton, cinquième mondial, en deux sets au deuxième tour. Depuis, sa trajectoire n'a cessé de monter.
En finale dimanche, il affrontera Stefanos Tsitsipas, qui a disposé d'Alexander Shevchenko 7-6(5), 6-3 dans l'autre demi-finale. Le Grec, ancien numéro 3 mondial, retrouve la lumière sur la terre battue où il a toujours brillé. L'affiche promet un contraste de styles : l'expérience de Tsitsipas face à la fougue d'un Collignon qui ne semble plus avoir peur de rien.

