Il y a quelques mois, Jack Draper avait touché le fond. Le Britannique l'a avoué sans détour à Eastbourne : "Ma confiance était en dessous du plancher." Une phrase crue, inhabituelle dans un sport où les joueurs cultivent le discours positif. Draper, lui, a choisi la transparence. Et la transparence a été le point de départ de sa résurrection.
Le déclic porte un nom : Andy Murray. L'ancien numéro un mondial, triple vainqueur en Grand Chelem et double champion olympique, a rejoint l'équipe de Draper en tant que consultant. Johanna Konta, ancienne quatrième mondiale britannique, a souligné combien l'expérience de Murray pouvait transformer la trajectoire du gaucher de 24 ans. "Andy sait exactement ce que c'est que de porter les attentes d'un pays entier sur ses épaules", a-t-elle rappelé.
Les premiers résultats parlent d'eux-mêmes. À Eastbourne, Draper a enchaîné les victoires avant de chuter en demi-finale contre Ugo Humbert. Une défaite qui n'entame pas le bilan positif de la semaine. Sur le gazon du Sussex, le jeu de Draper a retrouvé sa fluidité : un service puissant capable de faire la différence sur surface rapide, des déplacements vers l'avant plus agressifs, et une capacité retrouvée à conclure les points au filet.
Murray apporte à Draper ce qu'aucun autre entraîneur ne pourrait lui donner : la connaissance intime du gazon britannique. Deux titres à Wimbledon (2013, 2016), un titre au Queen's, des centaines de matchs sur herbe sous la pression d'un public acquis à sa cause. Murray connaît chaque rebond du Centre Court, chaque particularité du gazon londonien. Cette expertise tactique se double d'un soutien psychologique précieux pour un joueur qui doute.
Draper arrive à Wimbledon avec un tirage que les observateurs jugent corsé. La tête de série britannique devra composer avec les attentes d'un public qui attend son premier demi-finaliste local depuis Murray lui-même. "Le tirage aurait pu être plus clément", a reconnu la présentatrice Sky Sports Gigi Salmon en analysant son tableau.
Le gaucher dispose pourtant de toutes les armes pour briller sur gazon. Son service, qui monte régulièrement au-dessus des 220 km/h, prend une dimension supplémentaire sur surface rapide. Son revers slicé glisse dangereusement bas sur l'herbe. Et sa capacité à varier, entre puissance du fond de court et toucher au filet, en fait un adversaire complet.
La question n'est plus de savoir si Draper a le niveau pour aller loin à Wimbledon. La question est de savoir si sa tête suivra. Murray, mieux que quiconque, connaît la réponse à cette équation. Le tournoi de Draper commence lundi. Le projet Murray a débuté bien avant.


