Il y a deux ans, Linda Nosková faisait parler d'elle pour la première fois en éliminant la numéro un mondiale Iga Świątek à l'Open d'Australie 2024. Un coup d'éclat de jeunesse, un nom noté dans les carnets, puis le silence relatif d'une progression par paliers. Vingt-quatre mois plus tard, la Tchèque de vingt et un ans soulève le trophée de Wimbledon.
Sa finale face à Karolina Muchová restera dans les mémoires. Un premier set dominé 6-2, une maîtrise du rythme qui semblait intouchable. Puis Muchová a réagi, sauvé cinq balles de match et arraché le deuxième set 7-5 dans un renversement spectaculaire. La salle a basculé. Nosková a vacillé. Le troisième set aurait pu tourner au cauchemar. Au lieu de cela, elle a retrouvé son service, pris le break d'entrée et conclu 6-3 sur sa sixième balle de match.
Plus jeune championne de Wimbledon depuis Petra Kvitová en 2011, Nosková a accompli quelque chose que son idole n'avait pas réalisé. Avant la quinzaine londonienne, elle avait remporté le tournoi de Berlin sur gazon, devenant la première joueuse depuis Maria Sharapova en 2004 à enchaîner le titre de préparation et le Grand Chelem sur la même surface. Vingt victoires sur gazon depuis le début de la saison précédente, le meilleur total du circuit, une spécialisation construite match après match.
Le parcours à Wimbledon n'a pourtant rien eu de tranquille. Au troisième tour, Nosková a sauvé une balle de match face à Sorana Cîrstea, remontant de 2-6, 3-5 pour s'imposer 2-6, 6-3, 7-6. Elle rejoint Venus Williams (2005) et Serena Williams (2009) dans le club très fermé des championnes de Wimbledon ayant survécu à une balle de match en cours de tournoi.
Kvitová, installée dans la loge royale, a regardé sa compatriote lever le trophée. Nosková avait prévenu avant la finale. Elle avait vu les deux trophées alignés sur la table de la cérémonie et lâché une phrase qui dit tout de sa mentalité : "Je ne prendrai pas le petit." À vingt et un ans, elle vise le numéro sept mondial et un statut que ses trois titres en carrière n'annonçaient pas forcément. Le gazon londonien a révélé une championne, pas seulement une joueuse prometteuse.



