Aryna Sabalenka a franchi ce lundi un cap que seules neuf joueuses ont atteint dans l'histoire du tennis féminin : cent semaines à la première place du classement WTA. Un chiffre rond qui raconte une domination durable, construite match après match depuis octobre 2024.
Le club est restreint. Steffi Graf (377 semaines), Martina Navratilova (332), Serena Williams (319), Chris Evert (260), Martina Hingis (209), Monica Seles (178), Iga Swiatek (125), Ashleigh Barty (121) et Justine Henin (117). Sabalenka est la dixième. Devant elle, Henin et ses cent dix-sept semaines représentent l'objectif le plus immédiat : dix-sept semaines supplémentaires pour la dépasser, soit un maintien jusqu'à la mi-novembre.
Ce qui distingue la Biélorusse, c'est la continuité. Quatre-vingt-douze de ces cent semaines sont consécutives, le sixième plus long règne ininterrompu de l'histoire. Sabalenka n'a pas quitté le trône depuis qu'elle l'a conquis. Pas de vacillement au moment des changements de surface, pas de passage à vide en milieu de saison. Elle a terminé numéro 1 en 2024 et en 2025, l'une des sept joueuses de ce siècle à enchaîner deux fins d'année au sommet.
Les statistiques en tant que numéro 1 sont éloquentes. Cent six victoires sur le circuit principal. Cinq finales de WTA 1000 (quatre titres). Quatre finales de Grand Chelem. Le doublé Indian Wells et Miami réalisé en tant que première joueuse mondiale, un exploit que seule Graf avait accompli avant elle.
La saison 2026 illustre pourtant les limites du règne. Sabalenka n'a pas remporté de Grand Chelem cette année : demi-finale à l'Open d'Australie, quart à Roland-Garros, demi-finale à Wimbledon. Elena Rybakina, solide deuxième avec 8 143 points contre 8 550, réduit l'écart. Jessica Pegula et Coco Gauff ne sont plus très loin non plus.
Le swing nord-américain dira si Sabalenka peut prolonger son règne jusqu'à l'US Open et au-delà. Les 1 000 points du titre canadien 2025 à défendre pèsent lourd. Un faux pas ouvrirait la porte à Rybakina. Mais l'histoire récente enseigne une chose : sous-estimer Sabalenka quand les enjeux sont élevés reste une entreprise risquée.
Cent semaines, et le compteur tourne.


