Cinq titres du Grand Chelem à vingt-quatre ans. Deux couronnes consécutives à Wimbledon. Des trophées à Melbourne et à New York. Jannik Sinner a conquis trois des quatre théâtres majeurs du tennis, et le dernier qui lui résiste porte un nom lourd d'histoire : Roland-Garros.
La finale de Wimbledon 2026 face à Alexander Zverev, conclue 6-7(7), 7-6(2), 6-3, 6-4, a confirmé une tendance de fond. Sinner sait gagner les matchs qui comptent. Mené après un premier set perdu au tie-break, il a renversé la situation grâce à un deuxième set où l'Allemand n'a inscrit que deux points dans le jeu décisif. La chute physique de Zverev au troisième set, glissant derrière la ligne de fond alors qu'il avait une balle de break, a symbolisé le basculement. Sinner n'a rien offert ensuite.
L'Italien détient désormais deux titres dans trois Grands Chelems différents. Seuls Rod Laver, Novak Djokovic, Roger Federer et Rafael Nadal ont réussi cet exploit. La comparaison n'est plus prématurée, elle est inévitable. Avec un ratio de cinq titres en huit finales majeures, Sinner affiche une efficacité que même ses prédécesseurs n'avaient pas atteinte à son âge.
Roland-Garros reste le chapitre manquant. Sur terre battue, Sinner a montré des progrès constants : demi-finale en 2024, quart en 2025. Mais la Porte d'Auteuil exige une endurance physique et une patience tactique qui favorisent encore les spécialistes de la surface. Carlos Alcaraz, absent cette année pour cause de blessure au poignet, sera de retour en 2027 avec l'ambition de reconquérir sa terre favorite.
Le calendrier de Sinner pointe désormais vers l'US Open, où il défendra son titre. Mais c'est en mai prochain, sur la terre parisienne, que se jouera la question qui définira sa carrière : peut-il rejoindre le club fermé des joueurs ayant remporté les quatre Grands Chelems? À ce rythme, parier contre lui serait imprudent.



