Il y a un an, Stefanos Tsitsipas pointait au huitième rang mondial. Ce lundi 21 avril 2026, le Grec se retrouve 64e. La chute est vertigineuse, et elle ne semble pas avoir trouvé son plancher.
Le signal le plus alarmant est venu de Monte-Carlo, un tournoi que Tsitsipas considère comme son jardin. Trois fois finaliste, une fois vainqueur, il y avait toujours livré ses meilleures performances sur terre battue. Cette année, il s'est incliné dès le premier tour face à Francisco Cerundolo, signant son pire résultat dans la principauté. La chute au classement qui a suivi, seize places d'un coup, a confirmé ce que les chiffres laissaient entrevoir depuis des mois : le joueur qui avait atteint deux finales de Grand Chelem traverse une crise profonde.
Les racines de ce déclin plongent dans la saison 2025. Une blessure persistante au dos a miné sa condition physique pendant une grande partie de l'année. Les résultats ont suivi la même pente. Tsitsipas a terminé 2025 hors du top 30, son plus mauvais classement de fin de saison depuis 2017, l'année où il n'était encore qu'un espoir de 19 ans qui découvrait le circuit principal.
Le début de saison 2026 n'a rien arrangé. Défaite précoce à Dubaï, où il défendait son titre. Élimination sans éclat à Indian Wells. Puis cette sortie humiliante à Monte-Carlo. Boris Becker, dans une intervention remarquée, a exigé un changement radical de la part du Grec : revoir son entourage, repenser sa préparation, retrouver l'agressivité qui faisait de lui l'un des joueurs les plus spectaculaires du circuit.
Le talent n'a pas disparu. Tsitsipas possède toujours l'un des plus beaux revers à une main du tennis mondial, une main gauche capable d'accélérations fulgurantes, et un jeu de filet qui le distingue de la majorité de ses contemporains. Mais à 27 ans, dans un circuit où la nouvelle génération menée par , et impose un rythme toujours plus élevé, la fenêtre pour revenir au sommet se rétrécit.
Madrid, où il est engagé cette semaine, pourrait être un tournant. Le Grec a besoin de victoires, de confiance, de retrouver le plaisir de compétition qui semblait l'avoir quitté. La terre battue, sa surface de prédilection, lui offre peut-être sa meilleure chance de relance avant Roland-Garros. Mais le temps presse, et les classements n'attendent personne.

