C'est terminé. Stan Wawrinka ne jouera plus jamais sur terre battue. Mardi, à Estoril, le Suisse de quarante et un ans a disputé son ultime match sur ocre, s'inclinant face à l'Argentin Román Andrés Burruchaga 6-4, 4-6, 6-3 au premier tour du Millennium Estoril Open.
Le choix d'Estoril pour ces adieux ne devait rien au hasard. Wawrinka avait remporté le tournoi portugais en 2013, à l'époque où il commençait à émerger de l'ombre des trois géants. Un an plus tard, il soulevait son premier trophée du Grand Chelem à Melbourne. Puis vint Roland-Garros 2015, le sommet absolu sur terre battue : une finale magistrale contre Novak Djokovic, conclue 4-6, 6-4, 6-3, 6-4, avec un revers à une main devenu légendaire.
Contre Burruchaga, le combat a été digne de l'homme. Wawrinka a sauvé dix de ses dix-sept balles de break, repoussé trois balles de match, refusant de céder sans se battre. Mais le troisième set a révélé ce que le corps ne peut plus dissimuler : trois breaks concédés dans la manche décisive, des jambes qui ne répondent plus avec la même vélocité. À quarante et un ans, la terre battue exige un tribut physique que même la volonté ne peut compenser.
La carrière de Wawrinka sur cette surface reste un cas d'école. Trois titres majeurs au total, dont Roland-Garros, un palmarès qui défie la logique dans une ère dominée par Rafael Nadal. Son revers long de ligne, probablement le plus beau coup de sa génération, trouvait sur la terre sa pleine expression : le temps supplémentaire offert par le rebond permettait à ce geste ample et dévastateur de s'exprimer pleinement.
Le Suisse prévoit de prendre sa retraite lors des Swiss Indoors de Bâle en octobre, devant son public. D'ici là, il lui reste quelques tournois sur dur pour boucler la boucle. Mais mardi soir, à Estoril, sous les lumières portugaises, c'est une partie de l'histoire du tennis qui s'est refermée. La terre battue a perdu l'un de ses derniers artistes.

