Le tennis féminin tchèque vit une journée historique. Linda Noskova et Karolina Muchova se retrouveront samedi en finale de Wimbledon, une première dans l'histoire du tournoi londonien. Deux joueuses, deux générations, un seul drapeau : le tennis tchèque n'avait plus connu pareil moment depuis les finales de Fed Cup des années 2010.
Noskova a ouvert le bal en début d'après-midi. La neuvième tête de série a maîtrisé Marta Kostyuk (12e) en deux sets : 6-4, 6-4, en une heure et dix-neuf minutes. Un match où la jeune Tchèque de vingt et un ans a fait parler sa régularité et son sang-froid. Dans le premier set, Kostyuk a tenu jusqu'au dixième jeu avant de craquer sous la pression, commettant deux doubles fautes qui ont offert la manche à Noskova. La deuxième manche a suivi un scénario similaire : l'Ukrainienne a recollé à 4-4 après avoir été menée 3-1, mais Noskova a refermé la porte au moment décisif. À 5-4, Kostyuk a envoyé un coup droit croisé dans le couloir, offrant la victoire et une place en finale à sa rivale.
Noskova disputera la première finale de Grand Chelem de sa carrière. "Je peux jouer avec les meilleures, je le savais. Aujourd'hui j'en ai la preuve", a-t-elle déclaré avec une assurance qui tranche avec ses vingt et un ans. Son pourcentage de premières balles en jeu avoisinait les 85 %, un chiffre redoutable qui a asphyxié le jeu offensif de Kostyuk.
Muchova a rejoint sa compatriote quelques heures plus tard au terme du match du jour face à : 6-2, 1-6, 7-6(10). Un thriller de trois heures où la Tchèque a sauvé une balle de match avant de s'imposer dans un tie-break d'anthologie, 12 points à 10.
La finale opposera deux profils radicalement différents. Noskova, vingt et un ans, incarne la nouvelle génération : puissante au service, solide en retour, mentalement mature bien au-delà de son âge. Muchova, vingt-neuf ans, est une artiste du court : amortis, volées, variations de rythme, elle possède l'un des répertoires les plus complets du circuit. Leur seul affrontement cette saison s'est joué à Madrid sur terre battue, sans donner d'indication fiable sur ce que pourrait donner un duel sur gazon.
Pour le tennis tchèque, cette finale est l'aboutissement d'une tradition qui a produit Martina Navratilova, Jana Novotna, Petra Kvitova et Barbora Krejcikova. Noskova et Muchova ajoutent un nouveau chapitre à cette lignée. Samedi, l'une d'elles soulèvera le Venus Rosewater Dish. Quoi qu'il arrive, le drapeau tchèque flottera sur le Centre Court.


